La vallée de l’Ourika, des paysages et des hommes

ourika dar ilham3Marrakech est une ville qui attire et retient, où l’on peut à chaque instant faire des découvertes et des rencontres étonnantes mais dont il faut impérativement s’échapper et partir vers les paysages grandioses de la vallée de l’Ourika.

L’idéal est de louer un quad ou une moto, ou même un vtt et de se laisser porter. Un copieux petit déjeuner fait de confitures maison, de miel odorant et de crêpes fines et croustillantes accompagné de jus d’orange fraîchement pressé est une étape indispensable avant la ballade. La route de l’Ourika devient très rapidement verdoyante au sortir de Marrakech. A peine quelques petits kilomètres et c’est la vraie nature qui s’offre à vous. De part et d’autre de la route les moutons et les chèvres broutent avec constances sous l’œil attentif d’un berger et de son chien. Les oliviers succèdent aux orangers et des bosquets ondoyants de bambous semblent saluer le promeneur.

Le premier village rencontré sur les contreforts est bien entendu Berbère, nous sommes en pays Berbère. Il faut s’arrêter, mettre pied à terre et déambuler dans ce village en terrasse où les enfants vous font fête et où les adultes sourient avec retenue. Puis si l’on sait sourire et parler, le thé avec le pain chaud et l’huile d’olive artisanale sera une première échappée, un premier petit bonheur. Ne jamais refuser cette offre de bienvenue. Pour deux raisons, la première est que vos hôtes en seraient blessés et ne comprendraient pas, la seconde est que vous rateriez une occasion de vous réjouir les papilles gustatives avec des produits du terroir qui sont un délice. Il sera difficile de repartir, tant l’ambiance est agréable, pleine de simple gentillesse et de convivialité.

La route grimpe fort, les paysages deviennent acérés, comme coupés par un ciseau gigantesque. Des villages sont accrochés à la montagne, murs de pisé serrés l’un contre l’autre, minarets délicats et  petits champs en terrasse aux couleurs franches qui illumine la pierre montagneuse comme des gemmes scintillantes. Sur un à pic, une Kasbah en ruine, témoin d’une époque lointaine où se défendre était une obligation quotidienne, offre ses méandres où l’on croit encore apercevoir les ombres fugitives des hommes et des femmes dont l’âme tournoie peut-être encore avec regret.

Il est temps de penser au déjeuner qui sera le prétexte à d’autres rencontres avec une population dont la rudesse n’est que la carapace qui permet de vivre dans un monde âpre, celui de la montagne. Une petite gargote de l’autre côté d’un oued qui gargouille, on y accède par un pont si flexible que l’on hésite un instant à traverser. Mais les effluves des tajines qui mijotent sont irrésistibles. La cuisine est simple, légumes et viande grillée mais tout est frais et très gouteux. Le patron est débonnaire, il aime parler, raconter son pays et poser plein de questions. Quelques villageois viendront aussi, curieux de participer au dialogue engagé et le thé coulera à flot. Là encore, c’est un peu à regret que l’on reprend la route.

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